mardi 23 août 2016

Vins : différences entre consommateurs, sommeliers et critiques

Professionnels et simples consommateurs voient-ils le vin de la même façon? Pas exactement, c’est bien évident, mais c’est un article du journaliste Hervé Lalau qui a provoqué un questionnement sur l’écart entre les deux, abîme ou simple décalage? L’exemple des critiques de cinéma montre un beau cas où les critiques vomissent littéralement sur les films populaires et encensent des longs métrages qui peinent à attirer les spectateurs. Est-ce la même chose dans le monde du vin?

L’article qui suit ne se prétend pas une étude scientifique, mais j’ai pris le temps de questionner plusieurs personnes autour de moi et de lire un peu sur le sujet avant de pondre ce texte. Espérons qu’il apportera quelques éclaircissements et amènera d’autres réflexions que vous pourrez partager via la fonction commentaire du blogue.


Si on regarde une liste des vins les plus vendus au Québec, on constate facilement que peu de ces cuvées sont appréciées des critiques ou même des sommeliers en général. Un décalage existe donc bien et plusieurs raisons peuvent l’expliquer.

L’attention. Les professionnels portent une attention extrême à la cuvée qu’ils dégustent, en analysent chaque détail. Ils sont donc très sensibles aux nuances et admirent des cuvées riches en saveurs subtiles. Au contraire, le consommateur moyen avale son vin comme toute autre boisson et sa perception se limite aux saveurs les plus évidentes, qu’il préfère nettes et franches.

Les attentes. Les professionnels sont à la recherche d’un vin qui les fait vibrer et ils trouvent normal qu’il y ait des écarts entre les différents millésimes d’une même cuvée. La priorité d’un consommateur est avant tout de ne pas être déçu et il préfère des vins qui soient les plus semblables possibles d’une fois sur l’autre.

L’effet du nombre. Critiques et sommeliers dégustent plusieurs centaines voire milliers de vins par année alors que bien des consommateurs boivent une à deux bouteilles par semaine, dont plusieurs fois les mêmes. Les pros sont donc attirés par les cuvées originales et peuvent facilement ignorer certains vins pourtant bons, mais dont il existe une multitude d’équivalents très semblables. Cela les conduit même parfois à admirer des vins certes originaux, mais qui n’ont pas beaucoup d’autres qualités.

L’acidité. Nous l’avons déjà écrit, tous les vins sont acides, mais la perception de cette acidité varie selon plusieurs facteurs dont le taux d’alcool et celui de sucre résiduel. Le palais des pros est habitué à l’acidité et, de plus, expérience et technique de dégustation leur permettent d’analyser ces différents éléments. Leur jugement est aussi influencé par d’autres points, comme le style du producteur ou l’appellation. Par contre, plusieurs consommateurs sont réfractaires aux saveurs trop acides et préfèrent donc des vins où elles sont masquées.

L’importance de l’odorat. Elle est très limitée pour le buveur moyen, qui espère simplement que son verre sente le vin. Au contraire, les critiques font une analyse olfactive poussée au point où, à la lecture de certaines notes de dégustation, on se demande s’ils ont sniffé le vin plutôt que de le goûter. J’exagère bien sûr, mais je me surprends parfois à écrire sur des arômes qui m’ont enthousiasmé, alors que je sais bien que personne n’achètera jamais une bouteille parce qu’elle sent les petits fruits rouges !

Et bien sûr le prix. Les vins qui se vendent beaucoup sont principalement des cuvées à petit prix, c’est d’ailleurs vrai pour tous les produits. Les spécialistes sont plus facilement enclins à dépenser pour une bouteille et ne changeront pas leurs habitudes s’ils ont une mauvaise expérience avec un vin à 35 $. Bien des consommateurs sont réticents à augmenter leur budget, alors qu’ils sont loin d’être sûrs d’en avoir pour leur argent.

Ces différences existent bel et bien, mais le fossé entre consommateurs et critiques est moins important dans le vin que dans d’autres domaines. Certes, les vins les plus consommés ne sont pas influencés par la critique, mais déterminés par des critères spécifiques. Ils sont en général simples, peu acides, au goût constant année après année et vendus à prix raisonnable. Peu ont les faveurs des professionnels, mais quand même quelques-uns. Je pense par exemple au Chenin Blanc de Robertson Winery, dont j’ai parlé à plusieurs reprises et qui a récolté nombre de recommandations.

S'ils ne touchent pas tous les consommateurs, les critiques influencent ceux qui s’intéressent au vin, un peu ou beaucoup, et ils sont de plus en plus nombreux. Cette augmentation est visible dans le nombre d’inscription à des cours d’initiation ou de dégustation, en croissance constante. Ces amateurs veulent découvrir de nouvelles cuvées et sont à la recherche de conseils pour guider leurs choix. Justement, au Québec, on a la chance d’avoir plusieurs critiques qui nous recommandent une variété de vins de différents styles, à différents prix. La majorité de ces critiques sont disponibles gratuitement sur Internet, un canal qui nous donne aussi accès à une immense variété de médias et blogues de vin de nombreux pays.

Chez HippoVino, nous travaillons à faciliter ces découvertes en vous présentant, sur chaque fiche de vin, les liens des critiques et blogueurs qui en ont parlé, en plus des informations de base et de liens vers le producteur, la fiche technique et l’agence d’importation. Le blogue et le bulletin HippoVino Hebdo vous fournissent aussi des suggestions de vins et tout plein d’informations pour en savoir plus sur le mondo vino.

Et en vous abonnant à HippoVino Hebdo avant la fin septembre, vous serez admissible au tirage d’une carte cadeau de 100 $, alors n’attendez pas, inscrivez-vous maintenant !

Bonnes découvertes et à la bonne vôtre !

Alain P.

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