jeudi 6 juin 2019

Recyclage du verre en Estrie, les citoyens agissent !

Les mots environnement et bonnes nouvelles sont rarement associés, ici c’est le cas et cela vaut la peine d’être souligné.

Les préoccupations environnementales des citoyens sont souvent plus sérieuses que celles de nos dirigeants. Mais en fait, la difficulté est bien plus dans le passage à l’action, autant pour les citoyens que pour les dirigeants. Ces derniers cherchent des solutions dont les conséquences n’affectent pas trop de monde, sinon tout se bloque très vite. De leur côté, bien des citoyens privilégient le mode protestation et préfèrent pointer les autres du doigt, plutôt que de changer des choses dans leur propre vie. Dans tous les cas, on n’avance pas beaucoup.

En Estrie, plusieurs groupes de citoyens ont réussi à trouver une solution intelligente et économique pour le recyclage du verre, puis ont convaincu leur municipalité de la mettre en œuvre. Les photos de cet article montrent l’implantation d’un conteneur de recyclage pour les bouteilles et bocaux de verre, installé récemmentà Orford. Une solution semblable avait auparavant mise en place avec succès en 2015 à Saint-Denis de Brompton et en 2017 à Eastman. Plusieurs autres municipalités de la région devraient bientôt suivre, notamment Racine, Bromont, Farnham, et sans doute Magog et Sherbrooke. Le verre récupéré est acheminé chez 2M Ressources, à St-Jean sur Richelieu et conditionné pour les besoins d’Owens-Illinois, à Montréal, où il est fondu pour fabriquer d’autres produits de verre.

La problématique du recyclage du verre au Québec a déjà fait l’objet de nombreuses discussions. Actuellement, à l’exception des bouteilles de bières qui sont consignées, les contenants de verre sont placés en vrac dans les bacs de recyclage. Le résultat est que le verre se brise et se mélange aux autres matières. Le tout est alors difficile à trier. Les fragments de verre récupérés sont trop contaminés pour servir à produire du verre utilisable pour la production d’autres contenants. Il sert en général de recouvrement pour les sites d’enfouissement ou parfois de sable pour des matériaux de construction. En revanche, les producteurs de verre comme Owens-Illinois doivent rechercher du verre recyclable ailleurs au Canada ou encore aux États-Unis pour alimenter leurs usines. Actuellement, seulement 14% du verre du Québec est recyclé. La solution en place en Estrie peut permettre d’atteindre 80%. Toute une différence !

Le plus important vendeur de bouteilles de verre au Québec est la SAQ, mais la société d’état a jusqu’à maintenant toujours réussi à bloquer les projets de mise en place d’une consigne sur ses bouteilles, comme on le fait en Ontario ou même pour la bière au Québec. Si des coûts et des problématiques, notamment au niveau de la main d’œuvre et des espaces requis, sont évidemment à prévoir, la SAQ n’a jamais expliqué pourquoi elle ne peut réaliser ici ce qui fonctionne très bien ailleurs. Apparemment, les citoyens et les municipalités de l’Estrie sont plus doués que la SAQ. Celle-ci devrait d’ailleurs songer à payer aux municipalités les coûts de ces projets non remboursés par Recyc-Québec et à faciliter leur extension partout dans la province. Son dividende n’en sera pas trop écorché et ce serait mieux que le statu quo du recyclage, n’est-ce pas?

Bravo aux citoyens et municipalités de l’Estrie. Oui, c’est un tout petit pas, mais au moins il va dans la bonne direction. Agir est plus efficace que demander aux autres de le faire à notre place. Il reste beaucoup à faire, travaillons ensemble à développer d’autres initiatives positives pour l’environnement. Et célébrons les réussites plutôt que de pointer du doigt les échecs ou les projets des autres.

À la bonne vôtre !

HippoVino


P.S. Bien sûr, il n’y a rien de révolutionnaire là-dedans, plusieurs pays le font déjà, notamment la France. Mais justement, si partout on commence par implanter ce qui marche bien ailleurs, on aura bien des réussites à célébrer rapidement !

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