vendredi 24 mars 2017

Alerte vin chouchou : Château La Tour de l'Évêque Rouge

On inaugure aujourd’hui cette nouvelle rubrique destinée à vous signaler les vins recommandés par plusieurs de nos critiques favoris. De très bons achats par conséquent, difficile de se tromper avec ces bouteilles qui sont les chouchous de multiples spécialistes !


Cette semaine notre vin chouchou vient de Provence, plus précisément du Château la Tour de L'Evêque, le domaine de la très talentueuse Régine Sumeire, bien connue pour son délicieux rosé Pétale de Rose. Elle produit aussi le très bon Château la Tour de L'Evêque rouge, un vin bio fait de syrah, renforcée de cabernet sauvignon. Les proportions varient selon le millésime, celles indiquées sur le site de la SAQ datent de 2007. Pour le millésime 2013 on a seulement 72% de syrah, plus 28% de cab.

Il a été recommandé par Jean Aubry (Le Devoir), Frédéric Arnould (Blogue Tout sur le vin), Marc André Gagnon (site Vin Québec) et Yves Mailloux (Blogue ClubDGV).

On a affaire à un rouge solide avec des saveurs de fruits mûrs et d’épices, une belle texture et une longue finale. C’est un vin bien charpenté qui pourra reposer en cave quelques années, mais qui peut aussi se boire dès maintenant après une bonne aération. Il est à son meilleur avec un gigot d’agneau ou une pièce de bœuf braisé et comme le fait judicieusement remarquer le producteur, on pourra même le finir avec un dessert au chocolat noir.

À la bonne vôtre !

Alain P.

P.S. Il existe aussi un très bon Château la Tour de L'Evêque Blanc de Blancs qui est dans mes chouchous à moi (j'aime tout ce que fait ce domaine en fait).



jeudi 23 mars 2017

Petrus, histoire d’un vin légendaire qui a perdu son château

Oui, le nom actuel sur l’étiquette est Petrus et non Château Petrus. En effet, l’utilisation du mot château implique que la vinification est réalisée sur la propriété (plus de détail dans le billet : Pourquoi château dans les noms de vin?). Or, ce ne fut pas le cas durant de nombreuses années. Depuis 2014, le prestigieux vignoble dispose d’un nouveau chai, qu’on peut découvrir dans ce reportage du magazine Terre de Vins. Mais la marque est maintenant bien établie sous le nom Petrus, sans accent, donc pas de changement en vue.

Photo Flickr par Andrew Phillips
Licence Creative Commons 2.0


Par contre, si vous trouvez de très vieilles étiquettes, vous y verrez le nom Château Pétrus (avec un accent) et la mention Mis en bouteille au Château. C’était du temps où la famille Arnaud était propriétaire de ce vignoble de Pomerol et exploitait la Société Civile du Château Pétrus. Elle y produisait du bon vin, reconnu par des médailles d’or aux Expositions universelles de Paris en 1878 et 1889. De quoi faire de bonnes ventes, mais rien pour concurrencer les grands crus classés du Médoc ou de Saint-Émilion.

Aujourd’hui Petrus est un des vins les plus recherchés de la planète, et donc un des plus chers. En même temps, il cultive son propre mystère – un bon exemple, pas de site Web sur petrus.com, même si le domaine est bien la propriété de l’entreprise puisqu’utilisé pour les adresses de courriel des employés – d’où de nombreuses erreurs et imprécisions qu’on peut lire ou entendre à son sujet. Quelle est donc l’histoire derrière cet extraordinaire succès de marketing qui doit tout à une femme, pourtant étrangère au monde du vin?

Edmond Loubat et son épouse Marie-Louise étaient propriétaires d’une auberge à Libourne, non loin de Pomerol. Marie Louise détecte le potentiel du vignoble Château Pétrus, en achète des parts puis en devient propriétaire en 1945. Le bas des étiquettes indiquera alors : Mme Edmond Loubat, propriétaire à Pomerol. À cette époque, les femmes portaient le nom et le prénom de leur mari, d’où la confusion de certains articles qui parlent d’Edmonde Loubat.

La nouvelle propriétaire ne manque pas de culot et  se lance à l’assaut de la famille royale britannique. Elle réussit à placer ses bouteilles sur les tables du mariage de la future reine Élizabeth, qui apprécie assez ses cuvées pour l’inviter ensuite à son couronnement. En même temps, la très efficace Marie-Louise s’associe avec le négociant bordelais Jean-Pierre Moueix pour l’exploitation du vignoble et les ventes. Celui-ci fera du cru de Pomerol le vin favori de la famille Kennedy et du jet-set mondial, permettant ainsi à la marque Petrus de surpasser les grands crus classés des appellations voisines.

Photo by Benjamin Zingg, Switzerland 
(Own work) [CC BY-SA 2.5], 
via Wikimedia Commons
Mme Loubat n’ayant pas d’enfant, à son décès en 1961 ses héritiers sont un neveu et une nièce. Le reste de l’histoire sera jalonné de tordage de bras, de coups de force et de nombreux procès. Après avoir perdu une poursuite contre sa cousine, le neveu vend rapidement ses parts à Jean-Pierre Moueix, qui devient ainsi propriétaire de la moitié de Petrus. La nièce, Lily Lacoste, lui revendra les siennes quelques années plus tard, mais aura la sagesse d’en garder l’usufruit, ce qui lui permettra d’accumuler une fortune estimée à 60 millions d’euros en 2001. Elle se montrera généreuse pour son entourage, au grand dam des descendants de son cousin, qui voient les perspectives d’héritage fondre. Après une longue guérilla judiciaire, ils réussiront à la faire placer sous tutelle alors qu’elle a 98 ans, mais le juge leur refusera sagement la gérance du magot. Lily meurt en 2006 à 99 ans et le procès se termine en 2010 par un non-lieu.

On remarque que le site de la SAQ désigne encore Mme Lily Lacoste comme propriétaire de Petrus alors qu’elle a vendu ses parts il y a plus de 30 ans et qu’elle est décédée depuis 10 ans. Le propriétaire actuel est Jean François Moueix, un des fils de Jean-Pierre.

Quant à l’origine du nom Petrus, deux versions s’affrontent. Selon certains c’est le nom du lieu-dit où se trouvent les vignes, alors que pour d’autres, c’est la famille Arnaud qui baptisera le vignoble en l’honneur de l’apôtre Pierre, Petrus en latin.

Mais au-delà des anecdotes, des questions de gros sous et des affaires judiciaires, Petrus, c’est avant tout du vin, dont nous allons vous parler dans un autre billet.

À la bonne vôtre !

Alain P.

Pour poursuivre votre lecture historique si le sujet vous passionne :




mardi 21 mars 2017

Amazon Prime Now permet la commande vocale de vin et de bière !

« Alexa, livre-moi 2 bouteilles de merlot !» Grâce à l’assistant vocal Alexa, vous pouvez placer une commande verbale pour du vin et le recevoir en moins de 2 heures via le service Prime Now. Voilà comment Amazon continue de révolutionner le commerce de détail en créant une toute nouvelle expérience de magasinage en ligne.


Évidemment ce n’est pas disponible au Québec pour le moment et il y a quelques conditions pour faire fonctionner le tout, mais vous avouerez que c’est vraiment extraordinaire. Croyiez-vous cela possible il y a un an ou deux? Moi non, plus exactement j’imaginais qu’il faudrait attendre 10 ans pour voir une telle technologie complètement opérationnelle. Le système est fonctionnel maintenant pour des dizaines de milliers d’articles partout où le service Prime Now est opérationnel aux États-Unis. Pour le vin et la bière, il faut habiter à Seattle (WA), Columbus (OH) ou Cincinnati (OH).

Comment ça marche?

Étape 1, vous devez avoir un appareil qui dispose de l’assistant vocal Amazon Alexa : tablette Amazon Fire, Fire TV, haut-parleurs Tap ou Echo. Vous devez aussi être membre du service Amazon Prime Now (abonnement de 99 US$ par an) et avoir autorisé la fonction « 1-click ordering.»

Ensuite placez une commande vocale du genre "Alexa, order Coppola Diamond Merlot from Prime Now." Alexa va chercher dans le catalogue Amazon Prime Now, proposer un produit correspondant et demander une confirmation. Vous pouvez commander d’autres items et Alexa peut aussi vous en recommander. Lorsque le montant minimal de commande est atteint (en général 20 $ mais cela peut dépendre de votre zone géographique), vous pouvez placer la commande et Alexa choisira la prochaine plage de livraison disponible. Moins de 2 heures plus tard, ce sera à votre porte. Naturellement, vous devez avoir au moins 21 ans et le prouver  en présentant une pièce d’identité pour prendre livraison de bouteilles d’alcool.

SAQ, livre-moi deux bouteilles du vin de la semaine d’HippoVino ! Zut, je rêve là…

À la bonne vôtre !

Alain P.

L’article du magazine PC Mag qui explique l’offre d’Amazon : Ask Alexa to Bring You Booze Via Prime Now.



jeudi 16 mars 2017

Bons vins pour les rabais SAQ de mars, Accords au coin du feu

La circulaire SAQ du mois de mars offre un bon choix de vins autant pour les cuvées d’entrée de gamme que pour celles dans les 20 $. En réalité, tous ces vins sont de bons achats en tout temps, la piquette ne devient pas une grande cuvée parce qu’on la paie deux huards de moins. Par contre, si vous achetez ces bouteilles d’ici à dimanche, vous économiserez quelques dollars, ce qui est toujours agréable.

Le rosé Col de L’Orb (Hipponote 2.5* en rabais à 11.70$) vient du Languedoc, il est produit par la Cave de Roquebrun à Saint Chinian. Du bon rosé sec, bien fruité, aux saveurs franches, avec assez de caractère accompagner salades, cuisine végétarienne ou un plat de poulet.

En blanc, le Yalumba Viognier The Y Series (Hipponote 3* en rabais à 14.45$) est un vin australien au côté aromatique bien maîtrisé. Très bien équilibré, on peut le boire dans toutes sortes d’occasions : à l’apéro, avec des salades, avec des plats épicés comme de la cuisine thaïe par exemple, ou encore avec des viandes blanches accompagnées d’un chutney aux fruits.

Dans les rouges à moins de 15 $, essayes les Terrasses de Mayline (Hipponote 2.5* en rabais à 12.55$),  un beau rouge d’entrée de gamme de la cave de Roquebrun bien fruité et tout en souplesse, avec un côté méditerranéen.  Un vin très polyvalent.

Dans la même gamme de prix mais avec plus de corps, le Clos la Coutale (Hipponote 2.5* en rabais à 13.45$), en provenance de Cahors. Un rouge corsé fait de malbec et de merlot, assez costaud pour tenir compagnie à un confit de canard, mais suffisamment souple et fruité pour aller avec toutes les viandes rouges.

Le Terra di Brolio de la maison Barone Ricasoli (Hipponote 3* en rabais à 16.60$) est un rouge bordelais émigré en Italie. Cet assemblage de merlot et cabernet sauvignon en provenance de Toscane est bien structuré et est un solide compagnon pour les viandes rouges saignantes.

Toujours en provenance de Toscane, le Villa Antinori Toscana (Hipponote 3.5* en rabais à 21.20$) est un grand classique d’une grande maison. Je vous en ai déjà parlé sur le blogue et je maintiens que ce rouge costaud et élégant est parmi les meilleurs vins à très grande diffusion, point à la ligne. Aérer avant le service et servez-le avec l’agneau ou les magrets de canard.

Finissons notre sélection par deux bouteilles à mettre en cave.

Pour les amateurs de vins du style nouveau monde le Clos de los Siete (Hipponote 3.5* en rabais à 22.05$) est un argentin tout indiqué. Cet assemblage de malbec, merlot, cabernet sauvignon et syrah est réalisé par nul autre que le célèbre oenologue Michel Rolland. Un vin solide au fruité très mûr, avec un boisé bien intégré, meilleur si on patiente encore 2 ou 3 ans. Pour le servir plus jeune, aérer au moins une heure en carafe.

Le Farnito Carpineto Cabernet-Sauvignon (Hipponote 3.5* en rabais à 25.70$), en provenance de Toscaneest dans les belles bouteilles à moins de 30 $ qui sont bien adaptées à un séjour en cave de plusieurs années. Il sera à son meilleur vers 10 – 12 ans d’âge, peut-être même un peu plus. Ce n’est sans doute pas le plus raffiné des cabernets, mais il est bien fait et idéal pour faire des expériences de vieillissement sans dépenser une fortune.

Pour vous passer de nos conseils et faire votre propre sélection, utilisez le hashtag #RabaisSAQ dans la fonction recherche du site HippoVino. Vous afficherez ainsi tous les vins actuellement en rabais qui ont une fiche HippoVino.

À la bonne vôtre !

Alain P.

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lundi 13 mars 2017

L’appel des sirènes et des Corbières…

Certaines dégustations amènent leur lot de surprises. Lors de celle tenue par l’agence Trialto la semaine dernière – merci beaucoup à Étienne Bézard pour l’invitation – j’ai pu déguster plusieurs bons vins, le reflet du très beau portefeuille de producteurs de cette agence, mais j’ai aussi eu deux belles surprises.

La première était pourtant un vin que j’ai bu quelques fois, mais que je n’ai pas reconnu à l’aveugle, il faut dire que je ne suis pas très bon à cet exercice. Après avoir noté « très bon rouge au nez de mûres, de violette et d’épices, bouche gourmande pleine de fruit, tanins bien enrobés, belle finale », j’ai découvert que c’était l’Appel des Sereines, une cuvée de syrah du vigneron François Villard. La vraie surprise fut la découverte du millésime, 2014, le même que j’avais jugé « bon mais un peu austère » en juin 2016. Avais-je été perturbé par les autres cuvées bues précédemment l’an dernier, le nouvel arrivage est-il un peu différent, ou bien c’est le résultat de quelques mois supplémentaires de vieillissement, mystère et boule de gomme. L’important, c’est que si vous en achetez aujourd’hui, vous aurez vraiment beaucoup de plaisir pour moins de 20 $. Allez, on fait griller des saucisses assaisonnées aux herbes de Provence et on se régale !

J’avais demandé à François Villard l’explication du nom « Appel des Sereines » qui me semblait étrange, et il m’a répondu qu’il avait simplement voulu faire un jeu de mots avec « Appel des sirènes », car il voyait un peu cette cuvée comme une invitation au voyage dans le monde du vin.

Continuons donc notre voyage vinicole avec un autre rouge qui m’a enthousiasmé à l’aveugle. Un vin généreux avec une belle texture un peu suave et de la richesse en bouche, des saveurs de cassis et d’épices, très long, bref beaucoup de plaisir. La surprise, c’est que la Cuvée Inédite du Domaine de la Cendrillon provient de l’appellation Corbières. Celle-ci traîne une mauvaise image de production à haut rendement mais de qualité médiocre qui date des années soixante, mais comme le montre cette très belle cuvée, il faut abandonner nos préjugés et s’intéresser aux vins des années 2000. Le vigneron s’appelle Joyeux, il est donc normal que ses cuvées nous mettent le sourire aux lèvres ! D’autant plus qu’il est allé chercher les conseils d’Eloi Dürrbach, le propriétaire du légendaire Domaine de Trevallon. On sert la cuvée Inédite avec des viandes rouges grillées ou un gigot d’agneau.

Ce sont deux vins que je vous recommande de rafraîchir un peu et d’aérer avant le service.

À la bonne vôtre !

Alain P.

Nos fiches HippoVino avec les informations générales et les liens vers critiques, fiche technique, producteur, agence et site SAQ : 



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vendredi 10 mars 2017

Le jour du Muscadet, c’est le Musca-Day !

Je l’avoue tout de suite, j’ai emprunté l’idée du concept « muscaday » à l’interprofession des Vins de Loire qui a utilisé ce nom pour un événement de promotion de l’appellation Muscadet à Paris. Comme je suis un véritable amateur de Muscadet et que je trouve encore que ce sont des vins très injustement sous-estimés (voir sur ce lien le billet écrit sur ce sujet en mars 2014) , j’ai donc décidé qu’aujourd’hui serait un Musca-Day sur le blogue HippoVino !

Voici donc quelques cuvées que vous devriez boire pour découvrir ce que donne le cépage melon de Bourgogne dans la Vallée de la Loire.

En dessous de la barre hautement symbolique de 15 $, on trouve le Muscadet Sèvre et Maine Réserve Numérotée de la maison Chéreau-Carré. Toujours bien fait, c’est un blanc frais et joyeux qui est vraiment génial  pour accompagner les moules marinières.

Quand je recherche plus de richesse de saveurs, je vais vers son grand frère, issu du même producteur, la cuvée Comte Leloup Château de Chasseloir Ceps Centenaires, qui est produite avec les plus vieilles vignes de la région. Très bon avec les plats de crevettes ou les poissons grillés.

J’ai récemment découvert le Château De La Ragotière Sélection Vieilles Vignes, produit par les frères Couillaud. Les vignes sont un peu moins vieilles que le précédent (30 à 60 ans) mais c’est un superbe vin plein d’énergie et très polyvalent grâce à un équilibre très réussi entre le côté fruité, le perlant et les notes minérales. On peut le boire à l’apéro, avec les plats de poisson ou les fruits de mer.

C’est encore la saison des huîtres et pour les accompagner je vous recommande chaudement la cuvée Amphibolite, un Muscadet-Sèvre et Maine du fameux vigneron Jo Landron, un apôtre du bio et des terroirs. C’est fin, très droit et avec des notes iodées qui font merveille avec des huîtres servies nature. On ajoute juste un filet de citron, on sert avec une baguette au levain Première Moisson et du beurre salé et on se régale !

Et maintenant quelques cuvées pour vous convaincre qu’on fait de grands vins blancs dans le Muscadet.

L’appellation Clisson est un cru communal du Muscadet-Sèvre et Maine et la cuvée de ce nom du domaine Ollivier Père et Fils m’a enthousiasmé. Oui, c’est frais, élégant, légèrement salin mais c’est aussi une belle richesse d’arômes et de saveurs tout en finesse, avec du floral, une touche de citron meyer, des notes de pomme. 24 mois d’élevage sur lies, ça donne du très bon Muscadet. Je me suis précipité pour acheter 2 autres bouteilles, mais comme je suis gentil, je vous en ai laissé quelques-unes. Très bon avec des pétoncles poêlés.


Encore un cran au-dessus, on trouve les cuvées la famille Lieubeau, dont le magnifique Château-Thébaud Château de l’Aulnaye, qui a passé 36 mois sur ses lies. Avec un côté plus gras en bouche, de la texture, des saveurs riches et une longueur étonnante, c’est une très belle cuvée de gastronomie, à servir avec des poissons fins comme le bar, le merlu ou la sole. La cuvée Clisson de la Famille Lieubeau est également magnifique. Si on n’était pas dans l’appellation Muscadet, ces vins se vendraient probablement le double du prix. Profitez-en, mais il faudra attendre car il n’en reste pratiquement plus, malheureusement (et je n’y suis pour rien, je n’avais acheté qu’une bouteille de chaque, hélas).

Bon Musca-Day et à la bonne vôtre !

Alain P.

lundi 6 mars 2017

Acheter du vin, comme investissement ou pour le boire?

Personnellement, tout le vin que j’achète est destiné à être bu. Si je vous parle d’investissement aujourd’hui, c’est parce que plusieurs personnes m’ont questionné à ce sujet récemment.

La valeur extraordinaire atteinte par certaines bouteilles dans les ventes aux enchères (par exemple les 13 320 euros pour un Hermitage La Chapelle Paul Jaboulet Aîné 1961 dont nous avions parlé sur HippoVino Hebdo en juillet dernier) prouve qu’on peut revendre de vieilles bouteilles avec profit. Le vin est-il donc un placement intéressant?

Image du site Web Paul Jaboulet

Sur un article récent du site Internet français La Tribune, on lit que le marché des vins de Bordeaux  a offert un rendement annuel de 5.3%. On y trouve même une promesse de rendement annuel net de 12% par un promoteur de ce type d’investissement. Avant de boire ces paroles,  prenez le temps de réfléchir un peu.

Toute promesse d’investissement sûr avec un rendement garanti à 2 chiffres est hautement suspecte, n’importe quel conseiller financier sérieux vous conseillera la prudence.

Le rendement du marché n’est pas un indicateur de revenu garanti. La bourse a beaucoup progressé dans le dernier siècle, est-ce qu’un placement boursier est synonyme de gain facile et sûr pour autant? Bien sûr que non, la bourse n’est pas simple et le vin non plus.

Commençons par régler le cas des vins qui se vendent une fortune, comme l’Hermitage La Chapelle dont nous parlions plus tôt. Ces prix hors normes ne reflètent pas la vraie valeur du vin, mais sont le fruit d’enchères passionnées qui dépassent la raison. Oui, elles permettront aux autres bouteilles d’Hermitage La Chapelle de se vendre un peu plus cher, mais si vous n’en avez pas déjà un millésime 1961 dans votre cave, ne rêvez pas trop.

Pour que les prix d’un vin augmentent vraiment, il ne suffit pas qu’il soit bon. Il doit aussi, et je dirais même surtout, être rare. Il sera donc difficile à trouver et soyez prudents, car les contrefaçons sont très répandues.

Ensuite, même si vous avez mis la main sur quelques bouteilles prometteuses, n’oubliez pas de prévoir que vous devrez faire face à des coûts pour le stockage et les assurances tant que vous les conserverez. Et pour faire du profit, il faudra les garder plusieurs années.

C’est un marché moins liquide que le contenu des bouteilles, vendre n’est pas toujours simple. Il est parfois difficile de trouver des acheteurs pour un cru particulier, au prix espéré. Plusieurs de mes amis ont été très déçus des prix obtenus par certaines de leurs bouteilles aux enchères. Sans compter que pour les grandes bouteilles, il faut les faire expertiser (autres coûts à prévoir) et que des facteurs hors de contrôle peuvent faire baisser le prix. Si le niveau de votre précieuse bouteille a diminué, sa valeur va chuter.

Bien sûr, si vous avez les moyens, rien ne vous empêche d’acquérir des bouteilles de grands vins et d’en revendre plus tard. Mais je ne vous recommande pas de miser votre retraite là-dessus. Nous ne prévoyons pas non plus indiquer les valeurs potentielles des millésimes de chaque vin sur le site HippoVino. Le site Wine-Searcher est un bon point de départ si vous recherchez cette information.

Mais vos investissements dans le vin ont un avantage indéniable sur tous les autres placements : vous pourrez toujours les boire ! Je dirais même que le rendement en termes de plaisir réel est en général supérieur au rendement financier potentiel.

À la bonne vôtre !

Alain P.

[Mise à jour 10-03-2017] P.S. Pour ceux qui ne me croient pas quand je dis qu’investir dans le vin est aussi complexe qu’investir à la bourse, je vous conseille la lecture de cet article qui a été publié après mon billet original : Fine wine investment: don’t bet on luck.