vendredi 21 février 2014

Du vin comme avant le phylloxera, aujourd'hui on boit comme autrefois !

Un vin à saveur préphylloxérique... Oui, ça existe !

Si je vous disais qu’il s’en est fallu de peu pour qu’un minuscule puceron éradique entièrement la viticulture européenne au milieu du 19e siècle, vous auriez des doutes n’est-ce pas ? Pourtant, c’est la vérité.

Pour faire une histoire courte, le phylloxéramaladie causée par un insecte piqueur qui s’attaque principalement au système racinaire de la vigne – a été observé en France au début des années 1860 et n’a pas tardé à s’installer dans tout le vignoble européen. Le parasite serait apparu à la suite de l’importation de plants américains voués à lutter contre l’oïdium.

Des vignes de gamay greffées prêtes à être plantées
dans le Beaujolais
Après quantité de tentatives infructueuses pour enrayer le phylloxéra (traitements chimiques, méthodes culturales alternatives, etc.), des chercheurs trouvent une solution : greffer la partie fructifère des vignes françaises (Vitis vinifera) sur des porte-greffes américains (Vitis rupestris et autres). Après tout, ces derniers avaient depuis toujours cohabités sans dommage avec l’insecte, de l’autre côté de l’Atlantique.

Désormais, mis à part le Chili et certains secteurs de l’Argentine et de l’Australie du sud, la quasi totalité du vignoble mondial a été touché et, dès lors, les vignes greffées se retrouvent pratiquement partout. Il est donc très rare de pouvoir déguster des vins élaborés à partir de plants non greffés – les francs de pied –, mais la cuvée Vinifera du Domaine de la Charmoise

Vous dites ?

Vous croyez qu’il est quelque peu paradoxal de parler d’un vin issu de vignes non greffées dans un billet qui annonce ma collaboration avec Hippovino ; qui sous-entend en quelque sorte que je me «greffe» à l’équipe de rédaction… Bon, je m’égare. Revenons au vin.

Depuis 1995, la famille Marionnet élabore ce vin unique en son genre en appellation Touraine. Encore plus intéressant que le 2011, ce gamay 2012 se démarque par sa pureté et sa buvabilité. Plus mûr que le millésime précédent, ce sont les fruits rouges (cerise et framboise) qui s’affirment d’abord, pour ensuite laisser la place à de discrètes notes épicées et à une pointe minérale. La texture en bouche est parfaitement équilibrée ; l’acidité est bien placée et il y a juste assez de tannins et d’amertume pour donner envie de casser la croûte. Vivement les charcuteries !

Un vin racé et agréablement digeste qui vous donnera possiblement envie d’ouvrir un autre vin de Marionnet, le Domaine de la Charmoise 2012. Même millésime, même cépage, même appellation, même vinification, mais avec des vignes greffées… Vous tentez la comparaison ?

Partagez vos commentaires si vous faites l’expérience !

Frédéric Fortin

P.S. Pour revenir à ma participation au blogue, il est vrai que vous pourrez désormais me lire ici, une fois par mois. Suggestions de vins, comptes rendus d’événements vinicoles, trucs et astuces… le tout en essayant de demeurer le plus loin possible de la rigidité – à ne pas confondre avec rigueur ! –  qu’on accole parfois au monde du vin. À bientôt !

Liens

Henry Marionnet Vinifera Gamay 2012 ($$$)
Québec – SAQ – 11844591 (23,55 $) – Voir disponibilité SAQ
Domaine de La Charmoise Touraine Gamay 2012 ($$)
Québec – SAQ – 00329532 (18,00 $) – Voir disponibilité SAQ

France : vente en ligne disponible ici (par le producteur)


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