jeudi 12 octobre 2017

Vin, économie et prix Nobel

Le prix Nobel d’économie 2017 a été remis lundi à Richard Thaler, un économiste américain qui a déjà utilisé le vin pour expliquer sa théorie. Quel est donc le rapport entre votre boisson préférée et l’économie comportementale, sujet favori de M. Thaler?

Richard Thaler - Photo Flickr Chatham House
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Pour l’expliquer au chroniqueur du New York Times Paul Sullivan (auteur du livre "The Thin Green Line: The Money Secrets of The Super Wealthy"), Richard Thaler lui a posé la question suivante : Combien cela vous coûterait de boire une bouteille de vin que vous avez acheté il y a des années pour 50 dollars et qui vaut désormais 500 dollars?

La bonne réponse est 500 dollars, car en buvant la bouteille on renonce à toucher ce montant, qui nous serait accessible en vendant la précieuse bouteille. Richard Thaler nous explique que plusieurs répondent pourtant que cela ne leur coûte rien car ils l’ont déjà ou même qu’ils font un bénéfice, le vin étant plus cher maintenant. Ce type d’erreur est de la segmentation mentale selon M. Thaler et il ajoute que ces personnes qui choisissent de boire le vin refuseraient en général d’aller acheter une bouteille de ce prix.

Personnellement, je suis évidemment d’accord sur le calcul mais je choisirais quand même de boire la bouteille ! L’élément déclencheur de ma décision est en dehors du contexte économique : si j’ai choisi d’acheter cette bouteille, c’est que je voulais boire précisément CE VIN LÀ et le moment où je vais l’ouvrir est celui auquel je prévois qu’elle aura atteint le stade d’évolution que je pense idéal. Je ne me pose pas la question du prix que je pourrais obtenir en revendant mon vin car je ne cherche pas à gagner de l’argent, je cherche à boire le vin qui m’intéresse. C’est exactement ça que Richard Thaler appelle de la segmentation mentale.

Par contre, ma méthode a quand même des avantages, elle me permet de boire les vins que j’ai envie de boire, tout en respectant le budget de dépenses que je m’alloue pour ce plaisir. Mais évidemment je ne risque pas de gagner le prix Nobel d’économie !

Pour finir, si vous cherchez un exemple de vin recommandable à 50$, voici le Castello Banfi Brunello-di-Montalcino 2011, disponible à 55$ pour être précis, mais dont il reste assez peu à la SAQ. C’est justement une bouteille qu’il est préférable de ne pas le boire tout de suite, mais plutôt de laisser 5 à 10 ans en cave. Par contre, en analysant la cote de wine-searcher, il est peu probable que sa valeur atteigne un montant suffisant pour que M. Thaler vous fasse des reproches quand vous le boirez.

À la bonne vôtre !

Alain P.


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