L’autre
jour, j’ai fait face à l’étiquette qui bat le record du monde d’absence d’information,
celle-ci :
Vous
avouerez qu’il est difficile d’en dire moins !
Évidemment,
si on tourne la bouteille, la contre-étiquette est un peu plus loquace, c’est
un vin de sauvignon blanc K Vintners, un domaine du producteur anticonformiste
Charles Smith. C’est d’ailleurs une cuvée aussi particulière que son étiquette :
un vin aux arômes exubérants tranchés par une acidité brutale et une trame minérale
marquée. J’ai bien aimé, mais il n’a pas fait l’unanimité autour de la table.
Pour les sommeliers et les esprits avides de découvertes, papilles frileuses s’abstenir.
Autrefois,
les étiquettes de vin français étaient graphiquement très chargées, avec des
armoiries, un lettrage lourd et beaucoup d’informations : nom du vin, du
producteur, appellation, sous-appellation, millésime, degré d’alcool et bien d’autres
encore. Plusieurs de ces mentions sont d’ailleurs obligatoires.
De nos
jours, la présentation graphique est plus légère et certains producteurs,
notamment les espagnols, utilisent des étiquettes au design moderne et très
actuel. Il me semble en même temps remarquer une tendance vers ce que j’appelle
des étiquettes muettes, c’est-à-dire qui ne transmettent aucune information
utile au consommateur.
Voici un autre exemple :
Par rapport
à l’exemple précédent, on dispose au moins du nom du domaine, Causse-Marines,
mais pour savoir qu’il s’agit de la cuvée Les Greilles d’appellation Gaillac,
il faut là aussi tourner la bouteille. Là encore, on a affaire à un vigneron
rebelle, aux idées bien arrêtées. Patrice Lescarret utilise ici des cépages
locaux et cela donne un autre blanc aux saveurs originales. C’est un bon vin que
j’achète souvent, mais le 2013 m’a semblé un peu moins réussi que les
millésimes précédents.
Ce
troisième exemple est visuellement différent, mais véhicule encore peu d’information
:
Cette fois,
on a le millésime, les noms du Domaine, de la cuvée et du vigneron. C’est plus
que dans les cas précédents, mais on ne voit pas la région, ni l’appellation,
ce qui est plutôt étonnant pour un vin d’AOC. Le Quintessence est un Beaujolais,
mais cette cuvée a beaucoup plus de corps que ses congénères. Un vin de repas
plutôt que d’apéro, et l’occasion de goûter une cuvée avec 10 ans de garde sans
avoir à attendre.
Personnellement,
j’apprécie le design moderne et le graphisme épuré, je suis donc favorable à un
allègement visuel. Par contre, certains producteurs semblent aller très loin
dans cette direction. Ces trois vins
sont des cuvées originales, essaient-ils de convoyer cette différence de façon
visuelle? Ou bien veulent-ils éliminer toute référence qui leur paraît
intimidante pour les consommateurs non-initiés? Est-ce une bonne idée car ces mêmes
consommateurs n’ont jamais été aussi assoiffés d’informations sur les produits
qu’ils achètent? Bien malin qui ose prédire comment les étiquettes de vin vont
évoluer dans les prochaines années.
Vous, quelles
sont vos attentes? J’aimerais le savoir, n’hésitez pas à utiliser les
commentaires pour nous en faire part !
Si certaines étiquettes de vin vous paraissent difficiles à décoder, on écrit régulièrement des articles avec des explications pour mieux les comprendre.
Si certaines étiquettes de vin vous paraissent difficiles à décoder, on écrit régulièrement des articles avec des explications pour mieux les comprendre.
À votre
santé !
Alain P.
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